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François Szabowski s’expose au Labo de l’édition

Du 9 au 26 novembre, le Labo de l’édition accueille « L’imagier pour adultes de François Szabowski », une exposition de puzzles et photogrammes.

François Szabowski s’expose au Labo de l’édition

Où ?

Le Labo de l’édition est sis au 2 rue Saint-Médard, 75005 Paris, métro Monge.

Quand ?

Du 9 au 26 novembre 2012.

Quoi ?

L’imagier pour adultes de François Szabowski est constitué de puzzles et de photogrammes.

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Le travail

Les puzzles représentent l’univers visuel du personnage-auteur du roman-feuilleton, Le Journal d’un copiste, rédigé pour et publié en ligne, avant d’être rassemblé en volume en version papier sous le titre Les femmes n’aiment pas les hommes qui boivent.

La forme du roman-feuilleton date du dix-neuvième siècle, à l’époque où la presse quotidienne diffusait ces textes. Le développement du livre a fait disparaître cette forme. Mais le Web a récemment permis de réinvestir cet espace de narration, et cette écriture plus volatile, légère, réactualisant du même coup une pratique de la lecture qui avait disparu : celle de la lecture fragmentaire, périodique, qui induit un autre rapport au texte non seulement pour l’auteur mais aussi pour le lecteur.

Parallèlement à cette écriture et cette lecture du fragment, François Szabowski produit des puzzles, présentés ainsi, qui sont une illustration iconographique du travail de moraliste auquel se livre François Szabowski dans ses textes.

Les puzzles

Ces puzzles sont une reprise spontanée de deux gestes artistiques majeurs du vingtième siècle, dont nous sommes si familiers que leur radicalité nous échappe. D’une part, la naïveté d’un Henry Darger, qui, ignorant le dessin, compose des images en copiant des supports publicitaires. D’autre part, la transfiguration du banal, à la manière de Duchamp, en changeant le statut d’un objet sans pour autant changer sa matérialité. Naïveté et banalité permettent ainsi de briser la circulation et la temporalité des lieux communs qui structurent notre perception du monde et nos interactions sociales.

Cette cassure dans notre monde transforme ces puzzles en dispositifs d’intervention morale qui nous invitent à sortir de la langue creuse et fausse qu’impose la vie sociale. En ce sens, ces puzzles, au-delà de leur première fonction d’illustration, imposent un retour au texte, et une revitalisation de la portée morale de l’écriture.

Les photogrammes

Un autre aspect du travail de François Szabowski est proposé en résonance, celui sur les photogrammes, qui rejoint le regard moraliste des puzzles, mais qui se fonde, lui, sur une réflexion autour des nouvelles technologies et des flux d’informations et d’images que ces dernières ont rendu possibles.

Les nouvelles technologies nous permettent, notamment à travers Internet, d’être abreuvés d’informations continues. Nous sommes traversés par un flux permanent, dont nous ne percevons que le passage, et non la série d’objets, de mots, d’images, d’instants dont chaque flux est constitué. La démarche de l’artiste consiste à tenter de décortiquer, de décomposer ce courant incessant, en le figeant à un moment de son passage devant nous. Il prend pour cela le support du film, lequel, diffusé non plus au cinéma mais sur des supports domestiques très souples, permet au spectateur d’interagir avec le flux d’informations, d’avoir prise sur ce flux.

Ainsi, un film étant constitué de 90 minutes d’images animées, et chaque seconde de 24 images fixes, une énorme quantité d’informations, perçues en tant que flux, et non individuellement, ne sont pas saisies par l’œil. En réalisant la capture d’une de ces 24 images (un « photogramme »), François Szabowski nous permet d’accéder à une autre perception des différentes informations visuelles, textuelles, qui sont passées devant nous.

 » Le cinéma, à l’instar du puzzle, est un art populaire, et il est un très bon marqueur, à mon sens, de l’esprit d’une époque. Mais ces phrases, dans mes photogrammes, révèlent aussi parfois des creux, des failles, au sein desquelles se glisse un sens – profond – qui échappe à ses auteurs, et qui est peut-être tout simplement l’œuvre du cosmos. »*

L’exposition « L’imagier pour adultes de François Szabowski » vous est présentée par les Editions Aux forges de Vulcain qui remercient le Labo de l’édition d’accueillir ce travail, du 9 au 26 novembre 2012.

Entretien avec l’auteur, disponible ici.