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« L’édition numérique… partout »

Une brève présentation d’ »EGEON », le logiciel d’écriture sur lequel travaillent les Editions Aux forges de Vulcain.

« Tel Égéon qui, dit la légende, avait cent bras et cent mains, qui, de ses cinquante gueules et de ses cinquante poitrines, crachait un feu ardent, lorsque contre les foudres de Jupiter il agitait autant de boucliers et tirait autant d’épées, ainsi Énée, victorieux, se déchaîna par toute la plaine, une fois son glaive échauffé. »
(Virgile, Énéide, Livre X)

A l’occasion de la journée « L’édition numérique… partout » (en savoir plus), les Editions Aux forges de Vulcain apportent leur contribution à cette manifestation en levant un peu le voile sur leur propre projet « nouvelles technologies ».

Les Editions Aux forges de Vulcain sont accueillies, depuis le 3 janvier 2012, au Labo de l’édition (en savoir plus). Le Labo de l’édition est tout d’abord un lieu de rencontres et de débats qui rapprochent les professionnels du livre et les professionnels des nouvelles technologies. Le Labo de l’édition est ensuite un lieu d’accueil de jeunes entreprises innovantes qui travaillent à mettre les nouvelles technologies au service du texte. C’est en tant que jeune entreprise innovante que les forges sont au Labo.

En effet, les Editions Aux forges de Vulcain développent un logiciel d’écriture, baptisé « EGEON », qui sera présenté au grand public à l’automne 2012.

Qu’est-ce qu’EGEON ?

EGEON est un logiciel d’écriture. C’est un outil pour écrire qui s’adresse à ceux et celles qui écrivent trop peu à leur goût, à ceux et celles qui voudraient écrire, mais sont paralysés, à ceux et celles qui écrivent, mais ne sont pas contents de ce qu’ils écrivent, à ceux et celles qui veulent apprendre à écrire mieux, à ceux et celles qui aiment écrire, chaque jour, avec passion et plaisir.

Dès leur création, les Editions Aux forges de Vulcain se sont présentées comme « productrices de textes ». Cette proclamation soulignait combien la question de la production artistique intellectuelle avait été négligée par rapport à la question de la diffusion des produits culturels.

L’essentiel de l’apport des nouvelles technologies, dans la chaîne du livre, s’est concentré sur la question de la diffusion des contenus. Mais la question de la production des contenus n’est que rarement posée et, si elle l’est, c’est de manière indirecte comme, par exemple, quand le développement de la lecture sur support nomade modifie les pratiques de création et remet au goût du jour les formats courts, comme la nouvelle, que l’édition française fuit trop souvent.

Or, la question de la production artistique doit être abordée. Elle est pour l’instant laissée de côté, comme si elle relevait d’un phénomène naturel exceptionnel, inexpliqué, donc inexplicable. En gros, l’éditeur attend les textes, les retravaille (un peu ou beaucoup), mais il appartient aux auteurs de créer.

Pourtant, la situation d’isolement des auteurs, amateurs et professionnels, au lieu de les protéger contre les pressions sociales, les livrent à un ensemble diffus de contraintes, qu’ils doivent vaincre seuls, avec leurs ressources propres.

De nombreux auteurs déploient diverses stratégies pour lutter contre ces pressions. Mais beaucoup y succombent, sans même les remarquer, et perçoivent ces paramètres extérieurs de la création comme dénués d’influence.

Or, ces conditions pratiques de l’écriture ne sont pas sans effet. Ces conditions pratiques modifient notre manière d’écrire, en l’enlaidissant parfois, en brimant notre créativité, voire, dans le pire des cas, en nous confinant à la plus complète paralysie.

T. S. Eliot remarquait ainsi, dans une lettre adressée en 1916 à Conrad Aiken, combien l’emploi d’une machine à écrire modifiait son style, lui imposant d’abréger ses phrases, habituellement longues [1].

Le danger qui guette l’homme moderne demeure de devenir « l’outil de ses outils », pour reprendre les mots de Thoreau.

Ainsi, la majeure partie des auteurs, amateurs et professionnels, emploient aujourd’hui des éditeurs de texte, informatiques, qui reposent sur le concept du « what you see is what you get » : ce que vous affichez est ce que vous obtenez. Cette confusion entre la lecture et l’écriture, si elle peut sembler pratique, a aussi un prix.

Un écrivain est son premier lecteur, certes. Mais il ne doit pas être auteur et lecteur au même instant. La superposition temporelle de la phase créative et de la phase critique du travail d’écriture a pour principal effet de paralyser les auteurs, et, à terme, soit de les empêcher d’écrire, soit, de leur faire abandonner complètement leur sens critique, pour parvenir à écrire. Or un écrivain doit être à la fois créatif et critique.

Cette nécessité de dissocier ces deux moments de l’acte créateur est une évidence connue dans tous les arts – on peut penser, à titre d’exemple, à la « méthode Stanislavski », qui suggère aux comédiens, répétant leurs rôles, de ne pas jouer devant un miroir, de ne pas se regarder de l’extérieur.

Cette nécessité de dissocier le moment créatif du moment réflexif ne s’est pas imposée avec la même évidence dans l’écriture, alors qu’elle y est tout aussi réelle et incontournable.

EGEON a pour fin de remédier à ce manquement et, ainsi, de proposer un remède universel à l’angoisse de la page blanche qui n’est pas autre chose que la terrible anxiété qui submerge celui qui a peur d’échouer, car ce qu’il écrit, au lieu d’être une étape vers l’œuvre, lui est d’emblée présenté comme l’œuvre même.

Nous vous donnons donc rendez-vous à l’automne 2012, pour juger si EGEON tient ses promesses. En attendant, en ce jour où l’on célèbre les apports des nouvelles technologies à l’industrie du livre, nous vous invitons à vous rendre sur le site du Labo de l’édition, qui offre un échantillon des innovations que l’avenir réserve aux lecteurs.

David M.

Ps : si vous voulez suivre l’évolution d’EGEON, nous vous suggérons, soit de suivre la page Facebook des Editions Aux forges de Vulcain, soit de suivre le fil RSS du présent site Internet.

Bonus

Présentation(45 secondes) d’EGEON par David Meulemans.